Depuis que la crise mondiale a éclaté, nombreux sont ceux qui n'en finissent pas d'y voir la catastrophe finale du capitalisme honni, la divine surprise qui permettra de revenir enfin aux bonnes vieilles recettes de la dépense sans frein, du dirigisme à tout crin et de l'interventionnisme débridé. Je suis même sûr que certains à Martigues se réjouissent des difficultés actuelles pour mieux appeler au grand soir, à la révolution et à toutes ces idéologies qui n'ont amené que la dictature à chaque fois qu'elles ont été appliquées. Il se trouve cependant que les choses sont un peu plus compliquées...
Il existe deux sortes de relance.
Celle qui vise essentiellement à doper la consommation par le biais de nouveaux transferts sociaux, sans se soucier de l'offre, et qui permet, au prix de terribles déficits, de lutter contre le chômage... en Allemagne, en Chine et en Corée. En effet, la plupart des produits à bax prix que nous achetons aujourd'hui sont produits à l'étranger.
Petit rappel à Martine Aubry et à tous ceux qui reprochent à Nicolas Sarkozy d ne pas distribuer l'argent qu'il n'a pas. En 1981, François Mitterand augmente le SMIC de 10 %, le minimum vieillesse de 20 %, les allocations familiales de 25 %, et il crée 55.000 emplois dans le secteur public. Effet de ces générosités sur la croissance, la production et l'emploi ? Nul. Sur l'inflation, le commerce extérieur, la balance des paiements et les finances de l'Etat ? Cataclysmique. Contrainte de dévaluer trois fois sa monnaie (facilité qui nous est interdite aujourd'hui), la France est en quasi-cessation de paiement. L'Etat, à qui les marchés financiers internationaux ne veulent plus prêter le moindre sou, doit quémander les milliards de l'Arabie Saoudite pour assurer ses fins de mois. On connaît la suite ; la rigueur, le blocage des prix et des salaires, le recul du pouvoir d'achat. pour la gauche, ce fût une révision idéologique brutale si déchirante qu'elle n'osera jamais l'avouer. Plus de 25 ans après, le PS ne s'en est toujours pas remis...
Et il y a la relance qui veut d'abord encourager l'investissement dans notre pays, dans l'industrie, la recherche ou les infrastructures, et qui peut stimuler efficacement la production, la consommation et l'emploi. L'Etat s'engage pour encourager les entreprises à investir ? Il vient au secours des Français les plus touchés par les difficultés ? C'est juste et nécessaire. Mais il doit aussi se réformer davantage, traquer les dépenses inutiles, moderniser ses procédures, alléger ses effectifs sur certains secteurs, faire la chasse aux allègements de charges absurdement coûteux comme aux niches fiscales injustifiées.
C'est au regard de ces explications qu'il faut considérer le plan de relance préparé par Nicolas Sarkozy et François Fillon. Par l'ampleur des ressources mobilisées pour dynamiser l'économie, la plan Sarkozy est sans précédent.
(Article inspiré par l'éditorial d'Alexis Brézet du Figaro Magazine du 6/12/08)