Soixante-dix ans après, cette déclaration solennelle aux Français par le Général De Gaulle le 18 juin 1940 en dit long sur la grandeur de l’homme : alors que les Français sont à genoux, terrassés par les armes, humiliés par l’adversaire, il sait les galvaniser : « L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Rien n’est perdu » proclame-il à la radio de Londres. Et très vite il s’impose comme le représentant incontesté de la France libre, embryon de la résistance.
Mais le Général, ce n’est pas que le 18 juin 1940 : c’est aussi tous les autres moments de notre histoire récente où il a tiré notre pays de la sclérose et des épreuves.
Très tôt il manifeste son exceptionnelle capacité d’analyse à long terme, comme il saura le faire tout au long de sa vénérable carrière. Dès 1934 le Général préconise l’emploi massif des chars dans la guerre de mouvement lors de la parution de son ouvrage : « Vers l’armée de métier ». Il se heurte à l’Etat-major de l’époque, englué dans sa conception statique à base d’infanterie, héritée de la grande guerre.
On connaît la suite : En 1940 c’est le général allemand Guderian et ses panzers qui applique avec un succès foudroyant les théories du Général contre notre propre armée. En trois jours Sedan s’effondre et la porte de la France est ouverte à l’ennemi.
Cinq ans plus tard, la nation vient d’être libérée de l’occupant, mais elle n’est pas loin de la guerre civile. Le territoire est quadrillé par les « milices patriotiques » créées à la libération par le conseil national de la résistance pour le maintien de l’ordre (elles n’ont donc rien à voir avec la milice de Vichy) et dont les orientations politiques ne coïncident pas forcément avec celles du général. Elles ont les armes que détenait la résistance et leurs méthodes sont encore expéditives.
Restaurer l’unité de la nation et l’autorité de l’Etat républicain est l’objectif prioritaire. C’est ce que fera De Gaulle avec la rigueur qu’on lui connaît, un remarquable sens politique et sans la moindre effusion de sang. La tâche n’était pas facile, d’autant plus qu’il fallait en même temps composer avec nos alliés anglo-saxons redoutant l’instauration d’un pouvoir communiste en France. Cet épisode de notre histoire est trop souvent méconnu.
1958 : La France est à bout de souffle, économiquement et politiquement, ce qui fait dire au Général : « Le pouvoir n’est pas à prendre, il est à ramasser ». La IV ème république est incapable de maîtriser la question algérienne. Une fois de plus De Gaulle reprend les commandes et redresse le Pays.
Certains ont pu contester les solutions apportées au problème algérien ; il n’empêche : il remet la France sur les rails.
Il se retirera en 1969, victime d’une certaine ingratitude des hommes alors qu’il s’était tant battu pour leur pays.