Pas facile d'être leader de l'UMP dans une ville communiste, où la municipalité s'est engagée à bras-le-corps contre la réforme des collectivités territoriales, et où les syndicats mènent une lutte active contre la réforme des retraites. Mathias Petricoul, pourtant, ne songe pas à changer d'air. Et tout en critiquant la gestion municipale, se projette déjà dans les futures échéances électorales.
- Avez-vous signé la carte-pétition lancée par la municipalité contre la réforme des collectivités territoriales?
Non! Surtout à cause de la deuxième question, celle qui suggère l'organisation d'un référendum national. On est pas en Suisse… Le parlement a un mandat, et il l'exécute. En revanche, j'ai toujours dit que j'étais contre l'intégration forcée de Martigues dans un "Grand Marseille"… ...
- Vous avez sur ce sujet la même position que Maryse Joissains, la député-maire UMP d'Aix?
Oui. Mais le discours de nos leaders, comme Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier, évolue aussi. L'intégration forcée dans le Grand Marseille, je suis contre depuis toujours. J'avais d'ailleurs voté "pour" un texte allant dans ce sens présenté par la majorité lors d'un conseil municipal. Pour moi, il est hors de question que le maire de Martigues perde de ses prérogatives. En revanche, dès qu'une coopération pertinente et utile pour la population est possible, je pense qu'il faut la mener.
- Que pensez-vous des manifestations et des grèves engagées contre la réforme des retraites?
Franchement, je pense qu'existe un consensus sur la nécessité de mener une réforme des retraites. On vit de plus en plus longtemps, et heureusement, il est donc logique de travailler davantage. Là où le gouvernement propose d'allonger la durée des cotisations, les communistes voudraient garder l'âge de 60 ans, tout en taxant les plus riches, les entreprises.… Ces dernières, déjà très taxées, verraient leur compétitivité s'amoindrir. Allonger la durée de cotisation paraît évident.
- Au niveau local, vous avez utilisé la formule "on se demande s'il y a un pilote dans l'avion"…...
Avec le groupe UMP, nous n'avons fait que reprendre une formule employée par Paul Lombard sur son site.
- Vous avez donc des points de vue communs avec l'ancien maire?
S'il commence à critiquer le maire actuel, on va être d'accord souvent, c'est une évidence.
- Que reprochez-vous à l'équipe actuellement en place, menée par Gaby Charroux?
Beaucoup d'annonces, beaucoup de communication, pour finalement bien peu de projets qui sortent. Le dernier conseil municipal était flagrant: il n'y avait rien de ce genre à l'ordre du jour. Que sont devenus les projets de golf, de boulodrome couvert, de thalassothérapie, d'espace aquatique à Figuerolles, que sont devenues des études sur la vidéosurveillance, sur la refonte du site internet de la Ville? Même la passerelle entre l'Ile et la mairie ne semble plus si indispensable... M. Charroux passe son temps à critiquer le gouvernement. Je sais que les législatives sont proches, mais je me demande où sont les dossiers qui vont tracer l'avenir de Martigues pour les vingt ans à venir.
- Les législatives de 2012, vous y pensez vous-aussi?
L'UMP devrait déterminer le nom de son candidat au premier semestre 2011. On va réfléchir et ensuite, on sera tous derrière le candidat qui aura été choisi.
- Tous derrière Mathias Petricoul?
(rires) Il est encore trop tôt pour le dire. Mais je n'ai jamais caché que ce scrutin m'intéresse.
- Pourtant, la circonscription redécoupée, avec Port-Saint Louis en plus et des quartiers d'Istres en moins semble ingagnable pour la droite...
Ce sera dur, c'est sûr. Mais tout dépendra des adversaires. Je pense qu'en travaillant bien durant les deux ans qui viennent, j'aurai mes chances. Même en passant par un trou de souris.
- Représenter l'UMP ici, est-ce facile à vivre?
Ce n'est pas évident tous les jours. Mais je défends mes convictions, dans ma ville, là où je vis, là où je travaille. Je ne vois pas pourquoi j'irai ailleurs...
- Pour gagner des élections, peut-être?
(rires) Non, pas question. Je n'y pense même pas. Je pense que je suis un candidat d'avenir. Et que même après des défaites électorales, un jour, je pourrai l'emporter.
Texte issu de http://www.laprovence.com/article/martigues-3551
Photo Patrick Nosetto