Une poignée de grutiers CGT, en bloquant les navires en rade et en refusant l'accès au port depuis des semaines, menacent plus de 41.000 salariés dont l'emploi dépend du Port de Marseille-Fos.
Sont actuellement bloqués pour cause de grève sur les Terminaux pétroliers de Fos- Lavéra 80 navires et 4 péniches :
- 55 navires sont en attente sur la rade de Fos : 6 chimiquiers, 12 gaziers (butane/propane), 22 pétroliers de brut et 15 pétroliers de raffinés ;
- 25 navires sont en attente sur la rade de Marseille : 1 chimiquier, 1 gazier (butane/propane), 18 pétroliers de brut et 5 pétroliers de raffinés ;
- 4 péniches sont sur poste d’attente sur le Rhône ;
- 8 navires sont également en attente d’un poste à quai (postes privés) sur rade.
Aussi, entrepreneurs, salariés, retraités, groupements professionnels, associations... ont décidé de se mobiliser et de créer un collectif "Touche pas à mon Port". Le Collectif condamne fortement les agissements de ces grutiers qui, sous couvert d'un pseudo intérêt collectif, défendent avant tout des privilèges personnels.
Rémunérés 4000 Euros par mois pour 18 heures de travail par semaine avec une garantie de travail à vie, ils réclament aujourd'hui une "surprime" de 450 Euros par mois, 12 heures de travail par semaine et une retraite à 55 ans et menacent pour y parvenir, l'économie de toute une région.
Refusant la simple application de la loi, ils entravent en effet le travail de milliers de salariés, attachés au développement de leur outil de travail. Les conséquences sont lourdes pour de nombreuses TPE /PME locales totalement bloquées depuis des mois, dont les pertes se montent déjà au 18 octobre à 650 millions d'euros, sans parler de l'image catastrophique donnée de notre territoire.
Le collectif "Touche pas à mon port" exige :
1) Une reprise immédiate et durable des activités pétrole, fret et croisière, et l'arrêt de l'entrave au travail pratiquée par les grutiers CGTistes vis à vis du personnel portuaire qui a pris ses responsabilités.
2) Une application urgente de la réforme portuaire, conforme à la loi votée par les députés de la République. La CGT n'a pas à être au dessus des lois.
Rappelons que Marseille-Fos bénéficie déjà d’un traitement particulier dans le cadre de l'application de la réforme des ports. L’Etat a estimé que le pétrole à Marseille relevait de l’intérêt national et a donc aménagé des dispositions spécifiques pour les 220 agents portuaires concernés par le transfert des outillages des terminaux pétroliers du port à une filiale privée. Il a été convenu que :
- le GPMM restera majoritaire à hauteur de 60%, en raison du caractère stratégique de ce trafic, et ce pendant 20 ans ;
- le port de Marseille-Fos s’est également engagé à reprendre le personnel dans l’éventualité où la situation économique de la filiale se dégraderait ;
- il a été décidé que la rémunération du personnel serait au minimum au moins égal au niveau actuel voire plus ;
- que les salariés qui y seront détachés pourront bénéficier, jusqu’à leur départ à la retraite, d’un droit de retour au port.
3) L'intervention des forces publiques pour débloquer les accès portuaires. Il est hors de question de voir les raffineries fermer une à une, et pour les entreprises et les salariés de prendre le risque d'une pénurie d'essence qui paralyserait toute l'activité économique et sociale. L'Etat nous explique que le port est suffisamment stratégique pour conserver une majorité dans la filiale à créer, contrairement à ce qui se pratique partout ailleurs. Qu'il prenne alors ses responsabilités en débloquant l'accès à l’énergie.
Le collectif appelle tous les provençaux qui en ont ras le bol et ne souhaitent pas regarder sans rien faire leur Port mourir pour la défense des privilèges de quelques nantis, à mener le combat de la dernière chance pour sauver le Port de Marseille en rejoignant "Touche pas à mon Port" sur www.collectifport.com.